Rififi autour du directeur du cinéma municipal Méliès : une affaire en cacherait-elle une autre ?

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COMMUNIQUE DE GAYLORD LE CHEQUER

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Président du Rassemblement de la Gauche Citoyenne

Conseiller municipal de Montreuil

 


Rififi autour du directeur du cinéma municipal Méliès :

une affaire en cacherait-elle une autre ?

 

Il y a un an de cela, le 9 mars 2011 plusieurs quotidiens, hebdomadaires ou sites spécialisés publiaient une annonce selon laquelle la ville de Montreuil recherchait « son Directeur de la culture (h/f) ». Or, problème, ce poste était encore pourvu, une directrice exerçait ses fonctions en sa qualité d’agent titulaire de la fonction publique.

 

Quelques jours plus tard, nous apprenions que la direction générale des services passait à l’acte et procédait à un recrutement mettant de facto sur la touche la directrice des affaires culturelles qui se voyait privée de ses fonctions comme de son bureau. L’affaire, comme bien d’autres concernant des agents de la ville à Montreuil, a été mise entre les mains de la justice.

 

L’histoire serait-elle en train de se répéter avec cette fois-ci le directeur du cinéma municipal d’art et essai de la ville ? Tout laisse à penser que oui. Ce dernier vient en effet de découvrir que le poste et les missions qui sont les siennes font l’objet d’un recrutement largement relayé dans la presse.

 

Appelons un chat un chat, le directeur se verrait donc démis de ses fonctions. Consciente de l’effet « bombe à retardement de l’affaire », la maire tente une pirouette en proposant de revoir les missions de l’actuel directeur qui se verrait placer sous la coupe de son remplaçant…

 

Connu pour son franc parlé et son caractère fort qui lui vaut parfois les foudres de sa hiérarchie comme des responsables politiques qui ont eu l’occasion de travailler avec lui, le directeur du Méliès est aussi connu pour son professionnalisme et son engagement sans faille pour la défense d'un cinéma de grande qualité, et du cinéma d’art et essai. Mais alors, que se passe-t-il ? 

 

Mais surtout, au-delà des questions de personnes, le directeur et son équipe n’auraient-ils pas tout simplement mis le doigt sur les projets inavoués de la majorité municipale qui a toujours considéré que le cinéma Méliès avec son extension dans le cœur de ville n’était pas un projet opportun.

 

La maire, elle-même à l’occasion d’une rencontre avec les Présidents de groupes du conseil municipal, a confié ne pas être convaincue par ce projet de cinéma municipal de 6 salles qui coûte cher à la ville et qu’elle ne considère pas de compétence municipale. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle veut s’en débarrasser le plus rapidement possible mais… après la photo d’inauguration qui trônera en bonne place dans sa plaquette électorale en 2014…

 

Pathé ? UGC ? MK2 ? Le premier pourrait avoir les faveurs de la mairie pour une reprise sous couvert d’un projet faisant référence à l’histoire des studios Pathé et de Montreuil… En attendant, c’est à l’intercommunalité que notre cinéma municipal est transféré.

 

Pour ma part, j’ai eu l’occasion de dénoncer la décision prise par les élus de Montreuil qui ont voté le transfert à la communauté d’agglomération Est Ensemble de ce que j’ai pu qualifier de « fleuron de la politique culturelle montreuilloise ». Je considère qu’il fallait refuser, à ce stade, tout transfert qui fragilise notre cinéma. Pire, ce transfert intervient avant même que le projet culturel soit conçu et adopté.

 

Nous n’avons à ce jour aucune garantie du maintien du cinéma dans le giron public, aucune garantie du maintien et renforcement de l’action menée par l’équipe du Méliès, aucune garantie sur le maintien du travail entre la ville, l’équipe du cinéma et les associations de cinéphiles.

 

Derrière la question du profil de poste de tel ou tel, le directeur du Méliès ne serait-il pas tout simplement en train de faire les frais de la mise en œuvre de ce projet, à terme, de privatisation du Méliès ? En se débarrassant d’une personnalité au franc parlé et au carnet d’adresses bien rempli… et donc capable de déjouer les mauvais tours, la municipalité ne chercherait-elle pas à ouvrir la voie à des projets inavoués à ce jour ?

 

Il est temps de jouer la transparence sur les intentions réelles de la ville et d’ouvrir ce débat sur le projet et l’avenir que nous voulons pour notre cinéma avant d’aller plus loin dans ces transferts et dans ces projets de changements d’organigramme. La meilleure méthode pour engager ce débat sereinement ce n’est pas de faire tomber la tête de son directeur.

 

 

Publié dans Communiqués de presse

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