Politique locale de santé : un héritage précieux livré aux logiques libérales

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POLITIQUE LOCALE DE SANTE :

 

UN HERITAGE PRECIEUX LIVRE AUX LOGIQUES LIBERALES

 

Intervention de Gaylord LE CHEQUER lors du conseil municipal du 29 mars

 

 

Le 22 septembre 2011 – le groupe des élus de la majorité municipale « Montreuil Vraiment » publiait un communiqué en soutien au collectif mobilisé pour le maintien de la maternité des Lilas. Ce communiqué, se terminait par ces paroles : « Dominique Voynet regrette la logique des Agences Régionales de Santé qui, au nom de la loi « HPST » dite loi Bachelot, remettent en cause l’ensemble du système de santé et de la qualité des soins. »

 

Le 29 mars 2012, c'est-à-dire jeudi dernier à l’occasion de la séance du Conseil municipal, les mêmes élus, emmenés par Dominique Voynet, mettaient au vote un document dont la première phrase du préambule dit : « Conformément à la loi HPST (Hôpital Patient Santé Territoire), l’Agence Régionale de Santé d’Ile-de-France (ARS IDF) a souhaité s’engager de façon volontariste dans la signature de Contrats Locaux de Santé avec certaines communes d’Ile de France » et deux paragraphes après : c’est « dans ce cadre que l’ARS et la Ville de Montreuil ont souhaité signer le présent Contrat Local de Santé, en partenariat avec M. le Préfet de Seine-Saint-Denis. »

 

Ce document, il s’agit du Contrat de local de Santé. Voici la parfaite illustration du décalage permanent entre les discours médiatiques et les actes à Montreuil. Voici ce que nous appelons l’accompagnement d'un système que Dominique VOYNET condamne dans le discours mais met en œuvre à Montreuil.

 

Le préambule du Contrat Local de Santé (CLS) dresse pourtant un état des lieux plutôt flatteur de l’héritage dont Dominique VOYNET devrait être la garante. Elle devrait être fière et garante de ce "maillage territorial de l’offre de soin qui représente une vraie richesse » comme cela est écrit en page 13 du diagnostic réalisé en première partie de ce CLS.

 

Loin des caricatures et des propos revanchards qui proviennent des rangs de la majorité lorsqu’elle parle du passé, ce que nous retenons de ce document c’est que, grâce au travail impulsé par leurs prédécesseurs et avec les agents de la ville « Montreuil peut être fière de « disposer de nombreuses ressources sur son territoire rendant le travail en partenariat et en réseau riche en projets et actions de Santé ». Montreuil peut être fière de posséder, « dans le champ de la santé et des solidarités, ses propres services, de compétence municipale ou déléguée ».

 

D’un diagnostic flatteur, d’un état des lieux que de nombreuses villes pourraient nous envier que fait Dominique Voynet ? Elle scelle un pacte avec l’ARS dont elle dénonçait pourtant les pratiques et leurs conséquences sur notre système de santé publique. Le contrat, comme cela est écrit en page 17, « est l’occasion pour les signataires non seulement de s’accorder sur des priorités partagées, mais aussi de mesurer les résultats des actions engagées, et éventuellement de les réorienter ou de les moduler en fonction de cette évaluation ».

 

La majorité municipale décide de négocier avec les ARS et le représentant de madame BACHELOT en Seine Saint Denis, c'est-à-dire ceux qui « remettent en cause l’ensemble du système de santé et de la qualité des soins ». C’est un choix, Ce n’est pas le nôtre.

 

Pour riposter au saccage sans précédent du système de santé solidaire construit à l’initiative du Conseil national de la Résistance il n’est pas possible de commencer par mettre un genou à terre devant les exigences des ARS dont l’orientation s’inscrit clairement dans la logique de marchandisation des services publiques et de réduction des moyens qui découlent de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP).

 

Au-delà des discours, ce que nous attendons d’une ville de gauche c’est qu’elle œuvre effectivement en faveur d’une couverture sanitaire du territoire, dotant chaque bassin de vie de centres de santé publics pluridisciplinaires et non pas, comme cela a été fait par Dominique VOYNET à Montreuil, de fermer, notamment, un centre de santé municipal ou encore d’affaiblir et de menacer la pérennité de notre centre médico-psycho-pédagogique.   

 

Les élus du Front de gauche ne pactisent pas avec ceux qui « mettent en cause l’ensemble du système de santé et de la qualité des soins ». Les élus du Front de Gauche ne s’alignement sur une loi ultralibérale que nos élus ont combattu au parlement. La résignation n’est pas notre tasse de thé !

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