Occupation du centre de quartier Jean-Lurçat : Rien ne peut justifier l’emploi de la violence

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Occupation du centre de quartier Jean-Lurçat

Rien ne peut justifier l’emploi de la violence

 

 

Les élus et les membres du Rassemblement de la Gauche Citoyenne condamnent les violences qui ont eu lieu hier soir aux abords du centre de quartier Jean Lurçat et mettent en garde contre toute forme de surenchère médiatique sur la délicate question de l’accueil des populations Roms sur notre territoire.

 

Alors qu’une réunion publique venait de se terminer, des familles accompagnées de militants associatifs ont investi hier soir la salle municipale dans laquelle se trouvaient encore plusieurs dizaines de Montreuillois venus participer au débat.

 

La prise de possession des locaux et cette occupation, se sont faites dans le calme et sans violence ni agressivité de la part des familles venues trouver refuge après avoir été expulsées à deux reprises d’un terrain de la rue de Paris puis du parvis de l’hôtel de ville. Les militants et élus présents sur place n’ont pas souhaité s’opposer à cette occupation et ont immédiatement prévenu la mairie afin qu’un dialogue puisse s’établir entre les occupants et les pouvoirs publics et pour la recherche de solutions pérennes.

 

Force est de constater qu’à 23h15, heure à laquelle les élus présents ont quitté les lieux avant que d’autres n’arrivent, aucun élu de la municipalité n’avait répondu ni même fait le déplacement. Les agents de la ville se sont retrouvés alors en position de devoir gérer, seuls, sans présence politique, une situation de tension qui n’ait absolument pas de leur compétence. (D’après nos informations, au petit matin les services municipaux de la ville se sont de nouveau retrouvés seuls pour gérer les suites de cette occupation).

 

C’est dans ce contexte et alors que la poignée de Montreuillois encore présents dans la salle était évacuée que des coups ont été échangés. Des responsables politiques ont été pris à parti.

 

Rien ne peut justifier de telles violences qui - au-delà de l’agitation qu’elles provoquent – font le terreau de thèses xénophobes déjà trop largement répandues et sur lesquelles prospère le Front National comme en atteste la très récente conférence de presse de Marine Le Pen devant un bidonville de la région Parisienne.

 

Les questions qui se posent à Montreuil en matière d’accueil des populations Roms dépassent le seul cadre de notre ville et devraient être traitées avec sérénité. Comme le rappelait encore récemment Patrick Braouzec, Président de la Communauté d’agglomération Plaine Commune : la moitié des Roms présents en France résident en Île-de-France, dont au moins 2 500 en Seine-Saint-Denis […]. Les élus locaux auront beau mener des politiques d'insertion et de scolarisation, assurer le suivi médical et installer des aménagements d'urgence dans les camps de fortune où vivent ces populations, ils se heurteront toujours à l'impossibilité d'aller plus loin et de travailler à long terme ».


A plusieurs reprises, des maires séquano-dionysiens de toutes sensibilités politiques ont tiré la sonnette d'alarme face à cette situation qui n'est pas de leur seul ressort et face à l'absence cruelle de moyens, alors que des préconisations juridiques nationales et européennes prônent une attitude conciliatrice. Le Gouvernement Sarkozy a systématiquement fait la sourde oreille et préféré la matraque et le bulldozer à une action politique respectueuse des droits de l’homme. La conséquence est là : rien n’est réglé, tout reste à faire.

 

C’est pourquoi, à l’instar de nombreux élus, partis politiques de gauche, associations et mouvements qui œuvrent pour les droits de l’homme, nous saisirons chaque occasion, et notamment lors du prochain conseil municipal, pour relayer l’appel des maires d’Ile de France en faveur d’une table ronde régionale afin que les élus locaux travaillent, avec le soutien de l'État, à une solution pérenne et respectueuse des droits des Roms. C’est à l’Etat de se saisir de cette question et d’organiser cette table ronde afin de venir en appui aux collectivités qui ne peuvent être laissées ainsi en première ligne. C’est à l’Etat de faire jouer la solidarité nationale qui ne peut reposer que sur les seules communes de la Seine-Saint-Denis déjà fortement impactées par les conséquences sociales de la crise.

 

"S'il y avait une volonté politique pour trouver un habitat à toutes ces familles roms, il y aurait une solution. Quarante villages d'insertion répartis dans toute l'Ile-de-France suffiraient. Et cela coûterait beaucoup moins cher que la situation actuelle, où les communes doivent mettre les services municipaux à la disposition des bidonvilles et l'Etat doit mobiliser des centaines de policiers pour les expulsions."

 

Agissons en ce sens et mobilisons nos concitoyens pour exiger que l’Etat fasse enfin œuvre de bonne volonté politique comme le propose Patrick Braouzec. C’est à ce niveau-là que les élus Rassemblement de la Gauche Citoyenne entendent mener le débat.  

Publié dans Communiqués de presse

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