Métropole du Grand Paris : un chamboule-tout inacceptable pour nos collectivités

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Métropole du Grand Paris :

un chamboule-tout inacceptable pour nos collectivités

 

Hier soir étaient débattus le Contrat de Développement Territorial ainsi que la représentation des élus des 9 villes de la Communauté d’Agglomération Est Ensemble au sein du Conseil Communautaire. L’occasion pour Gaylord LE CHEQUER, Président du groupe des élus RGC/PG de dénoncer les mauvais coups en préparation au parlement et qui auront pour conséquence, s’ils venaient à être votés en l’état, de fragiliser davantage encore les collectivités locales, derniers remparts face aux politiques d’austérité. 

 

 

Madame la Maire, Cher-e-s Collègues

Il y a dans cette délibération quelque chose d’assez anachronique. Nous sommes amenés à discuter d’un contrat de développement territorial et de la représentation des élus de notre conseil au sein du conseil communautaire d’Est Ensemble. Mais à quoi bon ? A quoi bon se faire l’arbitre de petits arrangements entre amis qui se répartissent les sièges dans une Communauté d’agglomération mort-née.

Comme vous le savez, le gouvernement entend  profiter de l’examen par l’assemblée le 15 juillet prochain du projet de loi dit « de modernisation de l’action publique et d’affirmation des métropoles » pour opérer un véritable chamboule-tout des collectivités locales. Concrètement, ce que nous prépare le gouvernement ce n’est rien de moins que la fusion des trois départements de la petite couronne (Val de Marne, Seine Saint Denis et Hauts-de-Seine) et des agglomérations existantes (donc Est Ensemble) dans une collectivité unique qui couvrirait pas moins de 124 communes et 6,6 millions d’habitants et cela dès 2015 !

Si vous avez été prompte, madame la maire, à critiquer Delphine Batho sur les ondes radios, lui reprochant de l’avoir ouvert un peu tard, nous pourrions à notre tour vous reprocher ne pas l’avoir ouvert du tout, et de faire preuve d’un mutisme complice face à ce qui s’avère être un bien mauvais coup contre les communes et les départements de petite couronne au profit d’une nouvelle instance technocratique éloignée de la vie et des citoyens.

Pour notre part, nous aurions aimé avoir votre avis sur ce suicide collectif dont chacun mesure déjà les conséquences sociales qui en découleront.

Nous sommes pris à témoins avec cette délibération de vos bisbilles politiciens pour de sombres questions de postes alors que ce qui se joue par ailleurs est bien plus grave pour la démocratie locale. Et là dessus pas un mot de votre part. Ancienne ministre, ancienne parlementaire, adepte des plateaux télés, maire de l’une des plus grandes villes de cette Métropole en devenir, votre voix ne mériterait-elle pas de se faire entendre…

Cette métropole, disposera de pouvoirs immenses, en matière d’aménagement, d’urbanisme, de logement et de transition énergétique. C’est la porte grande ouverte à un retour aux errements du passé, au temps où Paris imposait ses logements sociaux, ses cimetières, ses entrepôts aux communes de banlieue. Pire, cette métropole s’apparente à une véritable usine à gaz technocratique avec un conseil métropolitain de 200 membres qui décidera de tout, reléguant une ville comme Montreuil au niveau d’influence qui s’apparenterait à celui d’un conseil de quartier parisien.

C’est une perspective inacceptable qui éloigne davantage encore les citoyens des lieux de décision. J’ajoute, que cette vision du Grand Paris est dramatique eu égard à la très grave crise économique et sociale que nous traversons et qui devrait nous conduire à mobiliser nos énergies pour conforter les collectivités locales et non pas les affaiblir et les asphyxier car elles demeurent le plus souvent le seul bouclier social pour nombre de nos concitoyens.

 

Les élus RGC/PG trouvent donc bien dérisoire de se prononcer ainsi sur le projet de développement de territoire qui s’inscrit pleinement dans cette construction là du Grand Paris surtout que ce n’est pas le mandat qui vous avait été donné par les électeurs.

 

Pour notre part, nous mêlons nos voix à celles des maires toutes sensibilités de gauche confondues, des présidents d’agglos tel que Patrick BRAOUZEC, des présidents de Conseil Généraux, tel que Christian FAVIER, des citoyennes et citoyens qui sont attachés à leurs communes et à la démocratie locale. Nous aimerions compter sur votre voix pour demander au gouvernement de renoncer à ce mauvais projet et engager sans délais un véritable débat populaire. Par cette intervention, nous vous donnons l'occasion de le faire ce soir.

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