La défense et la promotion des services publics ne doivent pas rester un voeu pieu

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LA DEFENSE ET LA PROMOTION DES SERVICES PUBLICS

NE DOIVENT PAS RESTER UN VŒU PIEU

 

Jeudi dernier, sur proposition de la Maire, le Conseil municipal de Montreuil était amené à voter un vœu, rédigé à la hâte, en faveur de « la défense des services publics à Montreuil ». Un vote à l’unanimité, sans grande surprise, qui va permettre au journal municipal de se féliciter du consensus obtenu par notre édile.

 

Pourtant, à y regarder de plus près, ce vœu, dans un contexte politique comme celui que nous connaissons à Montreuil depuis mars 2008, n’est pas sans nous rappeler cette citation de Confucius : « Quand on lui montre la lune du doigt, l’imbécile regarde le doigt ».

 

Il est de bon ton, en effet, de dénoncer les menaces qui pèsent sur « les services publics présents à Montreuil », de dénoncer les politiques gouvernementales et en particulier la mise en œuvre de la RGPP quand, dans le même temps, à Montreuil, la politique municipale mise en œuvre met à mal des pans entiers de nos services publics municipaux.

 

Faut-il rappeler les propos de la Maire dans l’Express, jamais démentis, au sujet de la refonte des services de la ville : « Il faut moins d’agents, mieux payés et des cadres plus professionnels pour un meilleur rapport qualité-prix ». Une déclaration qui traduisait l’ambition de l’équipe dirigée par Dominique VOYNET de s’attaquer à réduire les effectifs et la masse salariale.

 

Ces propos et les actes qui ont suivi provoquent encore aujourd’hui de lourds dégâts dans l’administration communale qui continue de souffrir. Ces propos ne sont pas sans nous rappeler ceux de Nicolas Sarkozy, le 25 janvier sur TF1 : « Il faut moins de fonctionnaires, mieux payés, mieux considérés et moins précarisés".

 

Par surprenant dès lors que le vœu voulu par la Maire, fasse l’impasse totale sur le service public communal. C’est une lourde erreur car, pour nous, qu’il soit d’Etat, régional, départemental ou local, le service public mérite d’être défendu et développé ; on ne le saucissonne pas comme cela a été fait de manière opportune. 

 

Par ailleurs, contrairement à ce qui est écrit, nous ne pensons pas que les menaces qui pèsent sur nos services publics ne remontraient qu’à « de nombreux mois ». Ce qui se passe sous nos yeux, n’est que la déclinaison de politiques cohérentes qui mettent à mal notre système de solidarité et de protection sociale en s’attaquant notamment à nos services publics et aux fonctionnaires.

 

Dans ce contexte, comment oublier que l’équipe municipale en place et au premier rang de laquelle, Dominique VOYNET elle-même, ont soutenu, défendu et voté le principe de “ libéralisation ”, c'est-à-dire la mise en concurrence. Ils ont voté l’article III-148 du traité constitutionnel pour l’Europe qui stipule que : “ Les États membres s’efforcent de procéder à la libéralisation des services au delà de la mesure qui est obligatoire ». Et 6 ans après, les mêmes responsables politiques feignent de s’émouvoir de « la détérioration de la qualité de ces services auxquels s’ajoutent des menaces de fermeture » ? Un peu de cohérence et d’honnêteté en politique ne nuirait pas !

 

Au sujet de la boutique SNCF menacée de fermeture, le vœu souligne – à juste titre - l’importance de maintenir l’information et le contact direct avec le public afin de préserver un service public personnalisé et de proximité. Au sujet de la CPAM 93, le vœu s’inquiète de la suppression d’emplois au profit d’une plate forme téléphonique et de la dématérialisation. Très bien !

 

Mais alors, que faut-il penser de la réforme de l’administration communale qui conduit à la disparition des missions de terrain et de proximité assumées par exemple par les Responsables Techniques de Secteur, que penser de la désorganisation du service public communal de ramassage des encombrants dont chacun peut mesurer les conséquences ? Que penser de la fermeture d’un centre municipal de santé au profit d’un « redéploiement » de l’offre de soin ? Que penser du non remplacement des « Agents Territoriaux Spécialisés des Écoles Maternelles » (ATSEM) dans nos écoles ? Que penser encore de la mise en œuvre d’une plateforme déshumanisée appelée « Guichet unique » qui conduit les Montreuillois à se heurter au mur du silence lorsqu’ils tentent de contacter leurs élus ?

 

Ces orientations municipales sont à contre courant de ce que préconise le vœu voté jeudi soir et en contradiction avec l’analyse issue du dernier rapport du Médiateur de la République qui rappelait au sujet des services publics : « nos services publics ne peuvent se résumer à des machines administratives. La pérennité du service public […] passe par la qualité du service rendu. Cela suppose le respect des agents […] et la gestion des ressources humaines […]. Ce qui caractérise ce service, ce n’est pas le traitement d’un dossier, c’est l’apaisement d’une personne par le traitement de son dossier. De même qu’un médecin ne gère pas un cœur mais une âme qui a des problèmes cardiaques, l’administration ne gère pas seulement un dossier, mais tient compte également des problématiques humaines qui sont derrière. »

 

Or, les mesures politiques prises ces trois dernières années, vont totalement à l’encontre de cet avis du médiateur et totalement à l’encontre du travail et de l’engagement largement apprécié et impartial des agents communaux de notre ville pour un service public local de qualité.

 

« L’homme supérieur c'est celui qui d’abord met ses paroles en pratique et ensuite parle conformément à ses actions » disait Confucius, nous sommes en droit d’en attendre au moins autant de la part de la majorité municipale.

 

Quand la majorité dénonce les attaques du gouvernement, nous sommes présents et n’hésitons pas à nous mobiliser à ses côtés. Mais quand elle manque à ses obligations localement, nous sommes aussi là pour le lui rappeler, c’est ce que nous faisons ici en encourageant la majorité à pratiquer ce que Jean-Luc MELENCHON appellerait : « la politique par l’exemple ».

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