Débat et vote du PLU - Intervention du groupe RGC/PG

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CONSEIL MUNICIPAL DU 2 AVRIL 2011

DEBAT ET VOTE DU PLAN LOCAL D'URBANSIME

 

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INTERVENTION DE GAYLORD LE CHEQUER

Président du groupe des élus

Rassemblement de la Gauche Citoyenne et Parti de Gauche

 

 

Madame la maire, vous avez eu raison de dire, en introduction de nos débats, que ce Conseil municipal est l’un des plus importants du mandat puisqu’il s’agit, avec ce projet de PLU, de définir les contours de la ville pour les 20 à 30 années à venir.

 

Comme vient de le faire Jean-Jacques SEREY, à l’occasion de l’examen et du vote du Plan Local d’Urbanisme, nous voudrions revenir aux questions fondamentales qui sont posées aux élus que nous sommes en sortant des postures et interprétations caricaturales, et un brun démagogiques, que nous pouvons entendre ici ou là sur les bancs de notre assemblée.

 

La principale question qui nous anime et qui nous oppose réside dans le fait de savoir pourquoi et comment densifier la ville. Les élus Rassemblement de la Gauche Citoyenne et Parti Gauche, tout comme les élus communistes d’ailleurs, ont eu l’occasion de rappeler tout au long des mois écoulés que nous étions favorables au principe de densification de la ville qui permet de lutter contre l’étalement urbain et ses conséquences sociales et environnementales.

 

Mais, contrairement à ce que vous êtes en train de mettre en œuvre avec ce PLU, nous pensons, nous, que la densification doit être maîtrisée, planifiée et respectueuse du cadre de vie des habitants. Elle ne peut se réaliser sans la garantie que chaque quartier puisse disposer des services, des commerces, des transports et plus généralement de tout ce qui rend la vie plus pratique, plus conviviale et limite les déplacements. Or, avec ce projet vous êtes en train d’ouvrir les vannes à la densification et à une augmentation non contrôlée de la population, prenant ainsi le risque de rompre les équilibres de mixité sociale et sans anticiper les besoins en équipements publics.

 

Pour nous, il ne fait pas de doute que la construction, aussi importante, de nouveaux logements augmentera considérablement les besoins en terme d’équipements scolaires, sportifs, culturels, etc. Il y a donc impérieuse nécessité de construire et programmer ces équipements préalablement à toutes opérations immobilières. Vous avez fait l’inverse et cela pèsera évidemment en matière urbanistique mais aussi sur le plan des finances publiques.

 

Sur le plan économique, sans la maîtrise du foncier et avec l’envolée des besoins publics liée à l’importante augmentation de population « l’effet ciseau » va jouer à plein. D’un côté vous aurez à gérer les conséquences de la baisse des recettes de la collectivité (à moins d’avoir recours à la fiscalité des ménages montreuillois déjà fortement impactés l’an passé par l’augmentation des impôts et dans ce cas, il serait honnête et juste de le dire dès à présent : Existe-t-il un plan d’investissements pluriannuel ?), de l’autre vous aurez à dépenser de plus en plus pour répondre aux besoins de construction et de fonctionnement des équipements publics qu’il faudra inévitablement prévoir.

 

Nous ne sommes donc pas favorables à une densification débridée qui satisfait les appétits des promoteurs mais porte atteinte au bien être des habitants et à l’équilibre des finances publiques.

 

A quoi bon densifier si ce n'est pour permettre d’assurer un développement économique harmonieux et pour créer des emplois qui profiteront aux habitants. A quoi bon densifier si ce n’est pour maintenir la mixité sociale qui fait la richesse de notre ville. A quoi bon densifier si nous ne sommes pas en mesure d’offrir – en parallèle, les services publics qui permettent de répondre aux besoins premiers des citoyens ; culture, sports et loisirs ; espaces de nature préservés pour un cadre de vie amélioré.

 

Densifier la ville avec raison et maîtrise doit donc passer par une planification minutieuse de l'action publique, pour maîtriser les espaces, les affecter au mieux de leurs caractéristiques aux diverses fonctions urbaines : voici l'enjeu pour nous.

 

De ce point de vue, votre projet de PLU, ne tire pas les enseignements des erreurs architecturales du passé où des ensembles de logements extrêmement denses ont été construits sans que les donneurs d'ordre ou les financeurs ne se préoccupent de l'accompagnement au travers des services de proximité que ce soient les services publics, les commerces, les lieux de loisirs et de culture...

 

Ces services constituent les instruments du lien social et participent de la convivialité, une des clés de la vie urbaine. Or, avec votre projet, ces espaces de vie et de respirations n’existent pas, ou très insuffisamment.

 

Deux opérations viennent particulièrement illustrer notre reproche. Elles sont d’autant plus intéressantes qu’elles se tiennent chacune à une extrémité de la ville :

 

Opération rue Paul Bert – Les habitants et le commissaire enquêteurs recommandent l’aménagement d’un espace vert là ou vous entendez, vous, monter une opération immobilière dans un quartier qui souffre déjà fortement en matière d’habitat insalubre, de circulation, de stationnement et de précarité sociale.

 

Opérations Cité des roches – Vous entendez construire sur les derniers espaces de respiration et de vie du quartier alors même qu’il est déjà déficitaire en matière de desserte des transports, d’offre de commerces de proximité et de places d’écoles. Nous vous renvoyons d’ailleurs au rapport de concertation réalisé par l’agence « les arpenteurs » qui souligne ce paradoxe.

 

Cher-e-s collègues, ce dont nous avons besoin, c’est également d’une ville irriguée d’activités économiques diversifiées, pourvoyeuse d’emplois pour les habitants, de vie pour les quartiers. Une politique économique menée en bonne intelligence avec une approche équilibrée sur le territoire montreuillois. Votre projet de PLU va dans le sens inverse. Pour nous, il eut été sage de réserver plus de terrains pour de l’activité, c’est un outil, un levier de maîtrise foncière qui permet de lutter contre la spéculation, tout comme le gel de terrains qui permet de réserver des espaces, des terrains pour des projets d’avenir. C’est cela, une politique de développement durable.

 

Penser la ville de demain et densifier la ville implique surtout de se battre concrètement pour un environnement de qualité, fort des atouts naturels qui caractérisent notre territoire. Lorsque l’on est écologistes, et je ne vous ferai pas l’injure de douter que vous l’êtes, l'intensification urbaine devrait vous pousser à préserver ces espaces, c'est même la condition pour leur persistance. Comment ne pas partager, alors, la colère de Pascal MAGE de l’Association des Murs à Pêches, ou celle de Pierre MATHON, ancien responsable des Verts 93 et Ile de France, ancien conseiller régional, co-fondateur de l’association MAP en 1994 ? Reconnaissez-le, deux personnalités qui ne sont pas connues pour leur allégeance à la précédente municipalité ou à n’importe lequel des élus de la minorité présents aujourd’hui sur les bancs de notre assemblée.  Et que dit par exemple monsieur MATHON dans le courrier qu’il vous a adressé tout récemment ? :

 

« Chers amiEs VertEs de Montreuil, chère Dominique,

 

Depuis plus de 20 ans, je combats, avec les Écologistes de Seine-Saint-Denis, pour la défense des Murs-à-pêches de Montreuil. Les 38 hectares des Murs-à-pêches de Montreuil forment un ensemble cohérent et magique qu’il faut préserver à tout prix. C’est autour de cet espace des Murs à pêches (et non pas en le rognant de 17 hectares et en y construisant des logements, un centre nautique et les ateliers du tram, sans parler des constructions diffuses autorisées dans les 21 hectares de la zone N proposée au PLU), qu’il faut concevoir le futur éco-quartier de Montreuil. Les Écologistes ont combattu fermement, des années durant, les projets, de bétonnage des murs à pêches, programmés du temps de Jean-Pierre Brard.

 

Ils ont salué l’élection de la municipalité Verte en 2008 comme l’annonce que les Murs à pêches de Montreuil seraient sauvés.

 

Malheureusement le PLU dont l’approbation est proposée au vote du  conseil municipal de Montreuil ce samedi 2 avril instaure un zonage qui permettra à des propriétaires privés et publics de bétonner, de morceler et de défigurer, de manière irréversible, l’espace des murs à pêches, lui faisant perdre son identité et son intérêt.

 

Cher amiEs VertEs de Montreuil, vous pouvez encore éviter l’irréparable et faire en sorte que le PLU ne soit pas voté en l’état.

 

Il faut en urgence classer l’ensemble des 38 hectares du secteur des murs à pêches en zone Naturelle. Il faut préciser que dans cette zone, seules les constructions nécessaires à la gestion de la zone pourront être autorisées : dans la limite de 5% de l’emprise au sol avec une hauteur maximum de 2,50 m et interdiction de construire des bâtiments à usage de logements et d’activités autres qu’horticole.

 

Il faut ensuite engager une véritable concertation.

 

Il serait pour le moins paradoxal qu’une mairie Verte ne prenne pas ces dispositions, contraignant ainsi les écologistes à combattre son projet d’urbanisation des Murs à pêches comme nous avons combattu celui de Jean-Pierre Brard. »

 

 

Mes cher-e-s collègues, nous considérons que le rôle des élus est d’être à côté et à l’écoute des habitants, pour, avec eux être en capacité de prendre conscience des enjeux et de s'approprier les ambitions collectives. Cela nécessite un travail intense de débat, de confrontation, dans une relation de proximité avec le plus grand nombre de citoyen.

 

Votre projet de PLU se caractérise par :

 

  • Une densification non maîtrisée et non planifiée
  • L’absence totale d’anticipation des besoins en matière d’équipements publics
  • Une concertation à la va-vite et votre refus de suivre les avis et recommandations de la population et du commissaire enquêteur tels qu’énoncés dans le rapport d’enquête de ce dernier.
  • Un impact économique non maîtrisé et non planifié qui aura pour conséquence de peser lourdement sur la fiscalité des ménages déjà lourdement pénalisés l’année dernière.
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Pour toutes ces raisons, les élus Rassemblement de la Gauche Citoyenne et Parti de Gauche, tout comme les élus communistes, voteront contre ce projet.

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Julien PASCAL 03/04/2011 21:04


J'adhère pleinement à l'analyse de Gaylord Le Chequer concernant le plan d'urbanisme. Une analyse qui repose sur une vision précise de ce que doit être la ville de Montreuil à l'horizon 2030, et
que partage une très grande majorité de montreuillois.