Conseil municipal du 24 septembre : point d'étape MOUS Roms

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Intervention de Gaylord LE CHEQUER, au nom du groupe Gauche Unie et Citoyenne

  

POINT D’ETAPE SUR LA MISE EN ŒUVRE DE LA MOUS ROMS A MONTREUIL

ET POSITION DU CONSEIL MUNICIPAL RELATIF A LA POLITIQUE GOUVERNEMENTALE EN DIRECTION DES ROMS

 

Madame la maire, mes chers collègues,

 

A l’écoute du monologue auquel vient de se livrer monsieur REZNIK avec la présentation de ce point d’étape sur la mise en œuvre de la MOUS ROMS, et face à la légèreté des éléments qui sont portés à notre connaissance ce soir, nous comprenons mieux maintenant pourquoi vous avez systématiquement repoussé nos demandes répétées en faveurs d’une évaluation sereine du travail engagé depuis 2 ans. Je suis consterné par la désinvolture avec laquelle vous venez de nous présenter ce document.

 

Le 1er avril dernier, à l’initiative de 7 maires de Seine-Saint-Denis, tous membres de Plaine Communes et du Président de cette dernière instance, un appel était lancé en direction du Premier ministre et tirait la sonnette d’alarme sur les conditions de vie infligées aux populations Roms et sur les conséquences induites pour les élus et les habitants des communes concernées.

 

Cet appel intervenait bien avant le discours présidentiel de Grenoble qui a mis en lumière le tournant nauséabond de la politique sarkoziste qui jette en pâture des catégories entières de population : Roms, gens du voyage, mais aussi parents d’enfants délinquants, Français d’origine étrangère sur lesquels pèserait la menace d’être déchus de leur nationalité. Cet appel intervenait aussi bien avant l’avalanche d’appels, de communiqués, de déclarations qui réagissent à une actualité choisie par l’Elysée et que l’on nous impose pour tenter de faire oublier le reste.

 

Pour nous, ce qui s’est passé cet été et se passe encore sous nos yeux, n’est malheureusement que le prolongement cynique et odieux d’une logique politique qui a sa cohérence Elle se traduit aujourd’hui par la chasse aux Roms, comme elle continue de se traduire moins médiatiquement par la chasse aux travailleurs sans-papiers, par l’exclusion de familles entières de l’accès aux droits fondamentaux, à l’école, au logement ou encore à la santé.

 

Ce soir, le Conseil municipal de Montreuil votera un vœu, largement inspiré de cet appel d’avril dernier. Il rappelle à juste titre les niveaux de responsabilités de chacun et précise que toute solution passe nécessairement par un engagement fort à l’échelle européenne, nationale et régionale. Il souligne le fait qu’il ne peut être toléré plus longtemps que les efforts de solidarité et d’accueil reposent systématiquement sur les mêmes communes. C’est d’ailleurs la position que nous défendions le 31 juillet 2008 dans une déclaration faisant suite à l’incendie de la rue Dombasle. Finalement, ce soir nous finissons donc tous par dire la même chose…

 

Madame la Maire, ce soir, notre groupe votera ce vœu enrichit de nos propositions d’amendements. En agissant ainsi, nous ferons la démonstration que nous sommes capables de parler d’une même voix sur les sujets essentiels dès lors que vous créez les conditions pour cela.

 

Mais, face au racisme d’Etat, à la xénophobie et au rejet de l’étranger qui gangrène notre société, la gauche a une responsabilité majeure : celle d’être crédible et responsable dans l’alternative qu’elle propose et qu’elle met en œuvre. Nous en sommes malheureusement bien loin ce soir avec cette présentation. Lorsque les signataires de la déclaration pour la création à Montreuil d’une plate-forme unitaire de solidarité et de protection pour les Rroms demandent aux élus que nous sommes de veiller à faire reculer les préjugés et les sentiments anti-Rroms, cela doit passer par la pleine transparence dans le travail mené. Lutter contre les préjugés c’est également intégrer que la solidarité ne s’impose pas mais qu’elle se construit avec les Roms et avec les populations de nos villes.

 

C’est pour cela que nous nous félicitons de l’intégration de l’amendement que nous vous avons proposé et qui reconnaît les difficultés et troubles induits par la présence de camps ou de squats illégaux pour les riverains.

 

Communistes, membres de la FASE, Verts, ou socialistes, les maires de Stains, de l’Ile-Saint-Denis, le Président de Plaine Commune, le maire de Pierrefitte sur Seine, de Villetaneuse, de Saint Denis, de La Courneuve, ou d’Aubervilliers, allaient mêmes plus loin dans leur déclaration : «  Leurs conditions de vies sont extrêmement dures, les conditions d’hygiène, de santé désastreuses. Les riverains, habitants et entreprises, de nos villes confrontés à cette situation et dénonçant fortement l’inhumanité de tels camps s’inquiètent également et à juste titre des conséquences, notamment pour la sécurité de tous. De dramatiques incendies ont régulièrement ravagés des camps provoquant la mort d’enfants. Nous comprenons la colère de nos concitoyens qui ne peuvent se résoudre à voir de tels bidonvilles se développer à proximité de chez eux dans des conditions sanitaires et d’insécurité alarmantes. Même si nous savons bien que les expulsions à répétition ne sont pas une solution et fragilisent encore davantage ces familles, nous ne pouvons laisser durer l’occupation de ces terrains, parfois réservés à des opérations d’aménagement, ou tout simplement parce qu’il existe un danger pour les populations elles même et pour les riverains. » Cette déclaration est pour nous tout à la fois transparente et responsable.

 

Nous vous savons confrontée à cette réalité dans votre mandat de maire et nous savons que cela n’est pas toujours simple à assumer surtout dans un contexte politique national qui prétend régler à coup d’expulsions spectaculaires, de démontages de campement, pour les journaux télévisés du soir mais qui laisse le lendemain matin les collectivités territoriales affronter, seules, les conséquences de ces expulsions.

 

Dans un contexte aussi tendu, la mise en œuvre d’une MOUS est évidemment complexe. Mais le sentiment de confusion qui règne dans sa mise en œuvre et dans vos déclarations parfois contradictoires sur le financement par la ville de ce projet, sont autant d’arguments qui pourront être utilisés un jour où l’autre par ceux qui chercheront, à des fins politiciennes, à jeter le discrédit sur l’ensemble des expériences menées le plus souvent avec audace dans des villes de gauche.

 

En donnant suite, ce soir, à notre demande d’évaluation de la MOUS vous reconnaissez le bien fondé de notre proposition, nous nous en réjouissons. Cette évaluation devra nous permettre de pointer ce qui marche et ce qui ne marche pas, pour bénéficier de recommandations qui permettront de recentrer le projet là où il le faut si le travail est mené avec plus de rigueur et de sérieux que ce que nous avons vu ce soir.

 

 

 

 

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