Conseil municipal du 24 juin 2010 - Création d'une base de loisirs aquatique

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INTERVENTION DE GAYLORD LE CHEQUER

Président du groupe des élus Gauche Unie et Citoyenne

 

 

Madame la maire, madame l'adjointe à la maire en charge des sports, contrairement à ce que vous venez de dire dans votre présentation, ce projet n'est absolument pas le fruit d'un engagement de campagne. Vous n'avez pas la légitimité du suffrage universel pour mener à bien un tel projet et je vais vous le démontrer.

  

Vous demandez à notre assemblée de valider un programme pour la construction d’une base de loisirs aquatiques qui comprendra ni plus ni moins que :

 

  • Un bassin d’apprentissage ludique de 400 m²
  • Un espace ludique pour les tous petits de 40 m²
  • Un bassin bien-être de 150 m²

 

Et pour la partie extérieure de cet équipement :

 

  • Un bassin de loisirs de 1000 m²
  • Une rivière à courant de 300 m²
  • Un toboggan
  • Un espace « petits » de 60m²
  • Une lagune de jeux de 100 m²
  • Et un bassin japonais 60 m²

 

A n’en pas douter, l’évolution dans un tel équipement doit être particulièrement agréable – pour ceux qui auront les moyens de se payer le ticket d’entrée. Une question totalement absente des documents qui nous ont été transmis alors que l’expérience du Parcabout nous a déjà conduit à souligner le caractère financièrement discriminant de cette activité. Aussi, pourriez-vous nous dire à combien sera fixé le tarif pour les enfants de notre ville qui voudront venir en famille.

 

Mais, avant même cela, permettez-nous de vous demander qui vous a donné quitus pour réaliser un tel équipement ? Et ne venez pas nous dire - comme vous l’avez fait précédemment - que c’était un engagement de campagne et que ce sont donc les Montreuillois qui vous ont donné leurs voix pour cela.

 

Page 30 de votre programme, à l’article 7.1. relatif à la politique sportive, le constat que vous dressiez était le suivant : « la ville manque à la fois d’équipements sportifs et de terrains de proximité dans les quartiers et notamment une deuxième piscine qui serait située dans le haut Montreuil ».

 

Pour remédier à cette situation, page 31 du même programme vous vous engagiez pour « construire en priorité dés le début de la mandature un bassin de natation de plein air dans le haut-Montreuil, doté d’un bassin d’hydrothérapie légère ».

 

Le pouvoir vous aurait-il rendu à ce point mégalomaniaque pour passer en moins de 2 ans d’un bassin de natation (en règle générale de 25 à 50 mètres de long) à un parc aquatique dont la surface des seuls bassins intérieurs et extérieurs recouvrirait 2 210 m² ?

 

Vous voulez engager notre ville sur un projet qui n’a pas été validé par les électeurs, que vous n’avez jamais débattu avec les Montreuillois et qui est engagé avant même l’avis de notre assemblée. Encore une fois, une curieuse conception de la démocratie.

 

 

Mais alors par-dessus tout - évidemment, après les discours sur les caisses vides, la quasi faillite de la ville, sur la dette colossale qui vous aurait été laissée, votre incapacité à remettre en état les écoles et bâtiments municipaux de notre ville faute de moyens, après le coup de l’augmentation des impôts, pourriez-vous nous indiquer dans quelle parcelle des murs à pêches vous avez creusé pour déterrer un magot de plus de 15 millions d’euros qui vous permettrait de réaliser une telle folie ?

 

Comment comptez-vous justifier ce caprice onéreux aux clubs sportifs qui doivent, eux, se serrer la ceinture et auxquels vous faites désormais payer des « services » jusqu’alors pris en charge par la collectivité comme - par exemple - pour l’utilisation des véhicules de la ville pour l’installation des petits équipements lors de manifestations sportives ?

 

Votre décision est donc totalement illégitime au regard du mandat qui vous a été confié par les Montreuillois et parfaitement injuste au regard du coût que vous entendez faire supporter aux finances de la ville avec ce projet.

 

Enfin, plusieurs aspects qui nous laissent à penser, très objectivement, que les coûts annoncés sont bien en deçà de la réalité.

 

Premièrement, à la lecture du budget prévisionnel figurant dans l’étude relative à l’établissement du programme fonctionnel de cet équipement, les coûts inhérents aux aménagements nécessaires pour un parking à destination du public ne sont pas évalués et intégrés au budget global. Or, page 12 de cette même étude il est bien question d’un « parc de stationnement ». Comment pourrait-il en être autrement pour un équipement qui entend pouvoir accueillir de 400 à 600 personnes simultanément et dont certaines ne manqueront pas de venir des communes limitrophes et intercommunales.

 

Deuxièmement : vous ne faites apparaître aucune estimation de frais de dépollution des sols alors que nous savons bien que toute opération de ce type passe inévitablement par une dépollution, souvent coûteuse, c’est là la réalité de l’héritage industriel et horticole de notre commune.

 

Troisièmement : il n’est fait nullement état du prix du foncier pour l’acquisition du terrain sur lequel vous envisagez de construire cet équipement. Pourrions-nous avoir une évaluation de ce coût supplémentaire ? Nous ne pouvons imaginer que des simulations ont été réalisées préalablement à votre décision d’engager ce projet ?

 

Quatrièmement : Pourriez-vous nous indiquer à combien s’élèvent, selon vos estimations, les frais de fonctionnement d’un tel équipement en terme de personnel, d’eau, de chauffage, etc.

 

Enfin, dernière question, on se souvient de votre obstination à faire entrer Montreuil dans la Communauté d’agglomération Est-Ensemble. Quelle part de financements avez-vous obtenu de cette instance pour les frais d’investissement et de fonctionnement de ce parc aquatique ?

 

Avez-vous le soutien de cette instance et notamment de la vice-présidente en charge des sports ? Ce qui serait tout de même essentiel pour conduire à bien un tel projet.

 

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