Centre d’Art Contemporain de Montreuil : la tentation de la valeur marchande ?

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Centre d’Art Contemporain de Montreuil,

la tentation de la valeur marchande ?

 

  

Tout un symbole ! Pour annoncer l’inauguration en grande pompe du « 116 », l’élu délégué aux événements et expressions artistiques a choisi la très confidentielle et très orientée chaîne télé BFM Business. En même temps que l’élu nous vendait ce projet telle une marchandise que l'on promeut sur les plateaux télés, nous avions la chance de pouvoir suivre le cour de la bourse. Un plan de com’ tout à fait révélateur de l’ambition de l’équipe municipale sortante qui entend faire de ce projet la vitrine clinquante de la politique culturelle de la ville de Montreuil sous l’ère Dominique VOYNET. Comme le résume l'élu lui-même, il ne s'agit pas vraiment de favoriser, valoriser et soutenir les artistes de Montreuil mais de faire venir à Montreuil, dans une belle vitrine, des "artistes d'envergure" qui parviennent déjà largement à diffuser leurs créations... Pour les autres, en somme, qu'ils se débrouillent !

 

Il y a un an, les Montreuillois avaient eu le droit à une visite de chantier suivie d’un cocktail préélectoral. La semaine prochaine, ils auront droit au second cocktail au cours duquel l’élu aux arts plastiques, répètera le discours convenu à savoir que « ce pavillon a vocation à devenir un lieu d'exposition tourné vers l'art contemporain, un lieu d'échange entre les artistes, un lieu de réflexion et de débat sur la création contemporaine ». Un projet qui méritait d'être soutenu et  questionné. Pour qui, pour quels artistes exposants, pour quel public, pour quelle ambition culturelle ? Comment retrouver ce lien essentiel entre la création et l’appropriation populaire des œuvres et des pratiques artistiques ? Comment remettre la démocratie culturelle, l’éducation populaire au cœur des avancées sociales ? Comment convaincre que l’enjeu culturel concerne tout le monde, et pas seulement les acteurs culturels ?

 

Il ne suffit pas de se revendiquer soi-même d’être un artiste, comme le fait régulièrement l’élu aux arts plastiques, pour faire de ce lieu un espace créatif, de liberté d’expression mais aussi de résistance, de solidarité et de mixités. Un lieu ouvert sur Montreuil, que pourraient s’approprier et faire vivre les artistes montreuillois si l’on prenait soin de les associer à l’élaboration du projet de cet équipement. Un lieu, enfin, ouvert sur le monde comme le sont bon nombre d’initiatives de collectifs d’artistes qui investissent les lieux de vie des Montreuillois pour s’exposer, se rencontrer et pour assurer la diffusion de leurs œuvres.

 

Comme pour de nombreux équipements culturels municipaux, nous avons besoin d’une politique culturelle en totale adéquation avec les réalités sociales de la Ville. Pas d’une vitrine ou d’un bien marchand que l’on vient vendre sur les plateaux et sous les projecteurs de la télé-business.

 

Le 116 aurait pu être un projet populaire, porté par les Montreuillois, qu'ils soient artistes ou non ! Cela ne semble pas être le chemin choisi à ce jour.  

 

Publié dans Communiqués de presse

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