Budget 2013 pour Montreuil : A qui profite la politique du logement ?

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La politique municipale et les orientations politiques qui sont fixées par le vote du budget se doivent de prendre en compte et d’intégrer la réalité du contexte économique et social dans lequel nous vivons et qui se dégrade de jour en jour. Nous le voyons tous les jours, les plans de licenciements se succèdent et s’intensifient. Cette réalité n’épargne bien évidemment pas Montreuil, cela a d'ailleurs été rappelé par l'Union Locale de la CGT lors de ses voeux vendredi soir.

Combien de personnes croisées à la sortie des écoles, ou dans les initiatives de quartiers qui nous disent qu’elles viennent de perdre leur emploi et qui se retrouvent confrontées, pour la première fois, à la précarité et à l’insécurité sociale. Combien de parents qui se voient contraints de renoncer à payer des activités de loisirs et de détente à leurs enfants faute de ressources suffisantes ? 

Raison de plus, à Montreuil, de réaffirmer notre volonté de voir la gauche reprendre l’initiative pour répondre à l’urgence de la crise actuelle. Raison de plus pour bâtir un budget qui permette de répondre aux situations d’urgence auxquelles sont confrontés nombre de Montreuillois dans cette période de crise ; car finalement, la pertinence d’un budget doit être jugée à l’aune de son adéquation avec les besoins de nos concitoyens et de sa capacité à anticiper les conséquences de la crise. 

De ce point de vue, le budget de la ville pour 2013 nous inquiète par son manque d’audace et de pugnacité en matière sociale d’une part avec, notamment, le gel du montant accordé au Centre Communal d’Action Sociale alors que la demande sociale va inévitablement s’accroître, et en matière de politique du logement d’autre part. C’est à ce dernier sujet que nous consacrons notre tribune, à lire dans le prochain numéro de Tous Montreuil.

 


 

Tribune des élus RGC/PG

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Logement social : un budget 2013 en trompe l’œil

 

 

En pleine campagne pour les élections municipales, la liste de Dominique Voynet distribuait les promesses : « nous prenons l’engagement de faire du logement une priorité de notre mandat ». Pour cela elle s’engageait à « conduire une politique active de construction de logements neufs, publics ou privés, avec davantage de logements réellement sociaux, accessibles aux bas revenus ». Mais, ça, c’était avant !

 

La réalité, c’est que le budget de la ville pour 2013 conforte les projets majeurs engagés depuis le début du mandat. Or, ils visent en priorité à dérouler le tapis rouge aux promoteurs au détriment de la construction de nouveaux logements sociaux et très sociaux. Un fait confirmé dans le budget municipal de cette nouvelle année : « la construction de nouveaux logements sociaux devrait démarrer en 2013 ». Même la Direction Régionale et Interdépartementale de l'Hébergement et du Logement souligne le fait qu’en 2012 la part de logements sociaux à Montreuil est devenue inférieure à celle départementale (35,3% contre 36,73%).

 

Il ne reste qu’un an de mandat à l’actuelle majorité. Or, jusqu’à ce jour, elle a mis l’accent sur un très fort développement de l’accession à la propriété en minorant fortement la part du logement social. Ce faisant, elle ne s’adresse pas à celles et ceux qui en ont le plus besoin mais bien à ceux qui ont les moyens de se payer une qualité de vie que d’autres seront progressivement contraints d’aller chercher ailleurs, rompant ainsi les équilibres de mixité sociale qui font la richesse de notre ville.

 

C’est ce que reconnaît  implicitement l’adjoint au logement lorsqu’il écrit « négocier et signer des conventions de commercialisation avec les promoteurs à qui [il délivre] les permis de construire et cela afin d’atteindre une valeur moyenne allant de 3200 à 4500 euros le mètre carré ». Mais qui peut, aujourd’hui, accéder à la propriété à 4 500 euros le m² ? Et surtout où, dans quels quartiers et combien de logements prétend-il sortir de terre à 3 200 euros le m² ?

 

Pour 2013, les Montreuillois, pas plus que nous, ne pourront se satisfaire de faux semblants.

 

Danièle CREACHCADEC, Gaylord LE CHEQUER et Juliette PRADOS

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